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TALLE. Touffe, bouquet, bouillée: une talle de groseilliers, de frênes; une talle de fraises; où les fraises sont abondantes.

L’expression est plutôt canadienne. Nous disons de préférence une bouillée. On dit bouillerée en Anjou. Une talle en Acadie, c’est une pièce de bois servant à tenir les comptes au moyen d’incisions marquant le nombre d’objets maniés. Le mot avait la même signification dans la vieille langue où il se disait pour entaille.

-Le Glossaire acadien

http://www.cnrtl.fr/definition/talle

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DÉJUNER. Déjeuner. Déjuner est l’antique prononciation. B. de La Monnoye dans une note à un Epigramme de Saint-Gelais nous l’assure; «Et illec près nous menèrent en lieu bel, cler et près, pour desjuner». (CHRISTINE DE PISAN); «Vingt mille francs, ce dis Bertrand, ce n’est que un desjuner». (Mémoire de Du Guesclin); «Il luy dit qu’il voulait desjuner pour monter à cheval». (BRANTÔME, [Vies des hommes illustres et des grands capitaines], «Le Maréchal de Saint-André»); «Ne se desjuneront nis de un disner, / Einz Ke a Verolame aient fait mener le clerc». (Vie de saint A[l]ban, reproduit par G. Paris); «L’autre ayant prié Dieu et bien desjuné». ([D’]AUBIGNÉ). On trouve le mot épelé, très souvent, desjeûner, dans les très anciens auteurs. Cet eû se prononçait u. Déjeuner ou déjuner, c’est cesser de jeûner.

DÎNER. Il paraîtrait que dîner, anciennement disner, et déjeuner auraient le même radical et signifieraient, l’un et l’autre, rompre le jeûne. Le dîner était le repas du matin, empremier: «Ne porte od sei (avec soi) ne pain, ne vin / Dunt il se digne (dîne) a cel matin». (Vie de s[aint] Gilles, v. 1247-8). Nous déjeunons le matin; dînons à midi (à l’heure de l’angelus) et soupons le soir, à six heures.

SOUPER. Repas du soir. Nous déjeunons le matin, dînons le midi et soupons le soir selon l’usage antique, sinon solennel, des Français d’autrefois. Aujourd’hui, l’on déjeune sur les onze heures, à Paris, et l’on dîne le soir. Souper, c’est manger de la soupe. Aussi la soupe faisait-elle partie obligatoire du repas du soir; on commençait par la soupe: «Un valet se levant le chapeau sur la tête, / Nous vint dire tout haut que la soupe estait preste». (RÉGNIER, [Satires], «Satire X»); «On apporta une alose pour le desjeuner de Jeanne d’Arc: Gardez-la pour le souper, dit-elle à son hôte, car je vous emmenerai un goddam (un Anglais) qui en prendra sa part». On prenait alors ses repas, en France, aux mêmes heures apparemment qu’on les prend aujourd’hui en Acadie.

-Le Glossaire acadien

http://www.cnrtl.fr/definition/dejeuner

http://www.cnrtl.fr/definition/D%C3%8ENER

http://www.cnrtl.fr/definition/souper

BELUET (pour bluet). Petite baie sauvage de couleur bleue foncée, très abondante dans les terrains bas de l’Acadie et du Canada. Les écrivains l’appellent quelquefois airelle et myrtille. C’est le blueberry des Anglais. Bleu est le primitif de ce mot.

En jargon botanique, vaccinium canadense: Bluet «qui est la luce ou myrtille de France». (HÉMON, Maria Chapdelaine); «Une petite graine que nous appelons entre nous blues, qui sont fort bonnes à manger». (LESCARBOT); «Des maurels, c’est le nom donné aux baies de myrtil». (FRANCE, Le Petit Pierre). On trouve le mot dans Champlain, mais non pas dans Denys. L’argot s’est emparé de ce terme.

-Le Glossaire acadien

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AUJORD’HUI. Aujourd’hui. C’est un des exemples, assez rares, ou l’o antique s’est allongé en ou à l’Académie. Nous avons conservé l[e] o primitif. Ici, ce sont les Français qui chousent. On disait jor, aujord’hui, ajorner dans l’ancienne langue, comme les Acadiens le disent. Les Champenois disent aussi aujord’hui.

-Le Glossaire acadien

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CATIN. Poupée. Ce mot tiré d’un vocable grec, catharas, signifiant pur d’où Catherine, est tombé en disgrâce, et ne se dit plus, en français, que pour désigner une fille de moeurs légères. Le même sort est arrivé à sophiste qui, à l’origine, signifiait un sage. Dévot, casuiste sont également en train de dégénérer.

Le sens péjoratif de catin est de date assez récente. Voltaire, Madame de Sévigné, etc. ont employé le mot en bonne part. Ronsard appelle catin, Catherine de Médicis: «Pour te louer, ma petite catin / Je voudrais bien te faire un roquentin / Une élégie, un sonnet ou une ode».

Une chanson acadienne, importée de France sans doute, commence ainsi: «Versez-moi un ver de vin, / C’est pour saluer ma catin».

Catin était un terme de caresse en vieux français.

Pour tout le centre de la France, une catin, c’est encore aujourd’hui une poupée.

-Le Glossaire acadien

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But, by the late 14th century, standards of French in Britain were slipping – at least in some quarters. Perhaps not such a problem at home, where English had already assumed some of the roles previously performed by French. But if British merchants wanted to export wool, or import bottles of Bordeaux, knowledge of French was still a must.

It’s around this time that the “Manieres de langage” – or “Manners of Speaking” – began to appear. These model conversations, the earliest used to teach French to English speakers, were used by business teachers who taught all the necessary skills for performing basic clerical work.

https://theconversation.com/in-medieval-britain-if-you-wanted-to-get-ahead-you-had-to-speak-french-73164

Pigouiller: Fouiller avec un bâton ou une perche. M. Carbonneau, des Îles-Madeleine, me donne cette définition du mot pigouiller: On pigouille la vase avec une perche ou un bâton: Les enfants pigouillent dans les ruisseaux pour y découvrir des grenouilles ou en déloger les poissons. Au figuré pigouiller un homme, c’est le sonder, lui tirer les vers du nez.

-Le Glossaire acadien

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